Depuis l’année dernière, un nouveau séminaire s’est ouvert à l’EHESS, sur un thème sous-investi en sociologie et en sciences sociales en général – celui de la rencontre. Dans cet espace de réflexion collective, nous nous poserons les questions suivantes : comment se noue la relation à l’Autre? Comment la rencontre peut-elle nous aider à mieux penser la dynamique des liens sociaux? Comment saisir la rencontre en sociologie, et plus largement au sein des sciences sociales?  

Ce séminaire se tient en mode hybride, sur place à l’Ecole Normale Supérieure, ou par Zoom. Il est coorganisé par Jean-Vincent Pfirsch (CNRS), Cécile Van de Velde (Université de Montréal), Laure Hadj (Université de Picardie Jules Verne) et Christophe Giraud (Université Paris Cité). 

Lien pour participer en ligne au séminaire du 7 avril 2025: 

https://u-paris.zoom.us/j/83169652104?pwd=jAJ7Qe5QjL4fESPbH2JSQBpcrypSOT.1


Présentation 

L’idée qui fonde ce séminaire est double : proposer des perspectives de recherches thématiques particulières ; nourrir une réflexion épistémologique et méthodologique. La notion de rencontre en constitue le point nodal.

Le terme de rencontre peut être défini de manières sensiblement différentes par le sens commun, par les philosophes ou les scientifiques, en fonction des époques, des contextes ou des auteurs. Pour s’en convaincre, il suffit de consulter les pages du Littré, du Robert… ou celles de Wikipédia. Pour être brefs, nous retenons a priori des éléments de définition qui, du point de vue des sciences sociales, nous semblent essentiels : la rencontre met en relation, à un moment précis et pour une durée déterminée, en un lieu  – de manière directe ou de manière virtuelle à travers des modes de communications tels que le téléphone ou l’ordinateur – plusieurs personnes aux caractéristiques sociales plus ou moins distinctes (issues de trajectoires sociales et/géographiques plus ou moins différentes, occupant des positions sociales et porteuses de dispositions sociales plus ou moins différentes, etc.). La rencontre peut être « fortuite », tout comme elle peut avoir été espérée, attendue ou planifiée (« rendez-vous », « sommet », « meeting », « match »…). Le plus souvent, elle nécessite un déplacement géographique et social en direction d’une ou de plusieurs personnes, d’un lieu ou d’un « point » de rencontre, même si cela reste de façon médiatisée ou virtuelle (« aller à la rencontre de », « se rendre à », « entrer en contact avec »…). Ce qu’il est important de souligner, c’est le fait que de ce déplacement, de cette mise en contact, de ces échanges, de cette activité collective, naissent des constructions sociales, des façons d’agir, de percevoir et/ou de penser, des émotions dont aucun des membres n’était porteur initialement de façon exclusive et entière. Les constructions sociales liées à la rencontre marquent plus ou moins profondément et plus ou moins durablement les protagonistes, en fonction de facteurs qu’il s’agit de cerner. Dans certains cas, on peut supposer qu’une rencontre est susceptible d’affecter une position, une trajectoire, un ensemble de dispositions sociales, une destinée. La rencontre mobilise à la fois des facteurs de subjectivité et des éléments objectifs. C’est sur ces différents points que nous souhaitons mettre l’accent dans notre approche du phénomène de la rencontre, en les examinant sous des angles variés.

La rencontre se présente à la fois comme une notion à interroger et comme un phénomène social fondamental. Comment et entre qui se nouent et se déroulent les rencontres ? Quelles sont les différentes formes de constructions sociales qui en résultent ? Comment prendre en compte l’importance des lieux, du cadre, des circonstances, des modes de communication d’une rencontre ? En quoi et avec quelle profondeur les rencontres affectent-elles les protagonistes dans leur sensibilité, leur histoire, leurs trajectoires, leurs positions, leurs dispositions, parfois leur survie ? Pourquoi certaines rencontres sont-elles plus marquantes que d’autres ? Pourquoi une même rencontre est-elle susceptible de marquer davantage certains de ses protagonistes ? Quelles parts respectives la contingence et les déterminismes occupent-elles dans le phénomène de la rencontre ? Pourrait-on interpréter l’isolement ou la solitude comme une succession de non-rencontres ? Comment articuler une phénoménologie de la rencontre avec un souci d’objectivation et de quantification ?

L’activité en sciences sociales elle-même repose sur la rencontre. Le souligner, c’est rappeler la part de contingence qu’elle véhicule, même sous ses formes les plus sourcilleuses méthodologiquement. Le souligner permet de (ré)examiner les techniques de la recherche, de (ré)interroger ses pratiques – problématisation, construction de l’objet, recueil et interprétation de données, échanges entre pairs, restitution, diffusion ou valorisation de résultats…



Parcours, sentiments et méthodes : un programme en trois volets 

Cette deuxième année de séminaire s’appuie sur trois ensembles thématiques: « Rencontres, parcours, récits de soi » ; « Sexe et sentiments » ; « Rencontres et méthodes

Module I « Rencontres, parcours, récits de soi »

  • Lundi 4 novembre 2024, Salle R3-46 – 16h à 18h en France (10h à 12h au Québec): « Nous autres romantiques : le récit enchanté de la rencontre amoureuse chez les jeunes » : Jules Pector-Lallemand, Université de Montréal
  • Lundi 2 décembre 2024, Salle R3-46 – 16h à 18h en France (10h à 12h au Québec): « La jeunesse, l’âge des rencontres? » : Maximilien Serreau, Sciences-Po Paris et Karine Esselin, Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis  

Module II «  Sexe et sentiments »

  • Lundi 6 janvier 2025, Salle R3-46 – 16h à 18h en France (10h à 12h au Québec)« Histoire du marché de la rencontre », Claire-Lise Gaillard, INED
  • Lundi 3 février 2025, Salle R3-46 – 16h à 18h en France (10h à 12h au Québec)« Premières amours », Isabelle Clair, CNRS-IRIS

Module III «  Rencontres et méthodes »

  • Lundi 3 mars 2025, Salle R3-46 – 16h à 18h en France (10h à 12h au Québec) : « Écrire la rencontre »  Stefan Le Courant, CNRS-CEMS et  Jean-Vincent Pfirsch, CNRS-CMH
  • Lundi 7 avril 2025, Salle R1-08 – 16h à 18h en France (10h à 12h au Québec): « Terrains sensibles et gestion des émotions » Cécile Van de Velde Université de Montréal, Julie Richard Université Laval-Québec et  Jérome Ridet, Université Polytechnique Hauts-de-France
  • Lundi 5 mai 2025, Salle R1-08 – 16h à 18h en France (10h à 12h au Québec): « Qualifier et quantifier les violences de genre » Laure Hadj, UPJV Curapp-Ess et  Christine Hamelin, UVSQ-Printemps

    Co-organisation
    Jean-Vincent Pfirsch [référent·e]  Chargé de recherche, CNRS / Centre Maurice-Halbwachs (CMH)
    Cécile Van de Velde  Professeure, Université de Montréal
    Laure Hadj  Maîtresse de conférences, Université de Picardie Jules-Verne
    Christophe Giraud  Professeur, Université Paris Cité

    Pour en savoir plus : https://enseignements.ehess.fr/2024-2025/ue/188

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